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- Que lesdites 14 paroisses, unies ensemble pour la liberté
de la province, députeront 6 des plus notables de leur paroisses
aux Etats prochains pour déduire les raisons de leur soulèvement,
lesquels seront défrayés aux dépends de leurs communautés
qui leur fourniront à chacun un bonnet et une camisole rouges,
un haut-de-chausses bleu avec la veste et le reste de l'équipage
convenable à leur qualité.
- Qu'ils mettront les armes bas et cesseront tout acte d'autorité
jusqu'aux dits temps par une grâce spéciale qu'ils font
aux gentilshommes, qu'ils feront sommer de retourner dans leurs maisons
de campagne au plus tôt, faute de quoi ils seront déchûts
de ladite grâce.
- Que défense soit faite de sonner le tocsin et de faire assemblée
d'hommes armés sans le consentement universel de ladite union,
à peine aux délinquants d'être pendus aux clochers.
- Que les droits de champart et corvée prétendus par lesdits
gentilshommes seront abolis comme violation de la liberté
armorique.
- Que pour confirmer la paix et la concorde entre gentilshommes et nobles
habitants desdites paroisses, il se fera des mariages entre eux, à
condition que les filles nobles choisiront leur maris de condition
commune, qu'elles anobliront et leur postérité, qui
partagera également les biens de leurs successions.
- Il est défendu, à peine d'être passé
par la fourche, de donner retraite à la Gabelle et à
ses enfants, et de leur fournir ni à manger ni aucune commodité,
mais au contraire, il est enjoint de tirer sur elle comme sur chien
enragé.
- Qu'il ne se lèvera pour tout droit, que 100 sols par barrique
de vins horet et un écu pour celui du cru de la province, à
condition que les hôtes et cabaretiers ne pourront vendre l'un
que 5 sols et l'autre 3 sols la pinte.
- Que l'argent des fouages anciens sera employé pour acheter
du tabac qui sera distribué avec le pain béni, aux messes
paroissiales, pour la satisfaction des paroissiens.
- Que les recteurs, curés et prêtres seront gagés
pour le service de leurs paroissiens sans qu'ils puissent prétendre
aucun droits de dîme, novale, ni autre salaire pour leurs fonctions
curiales.
- Que la justice sera exercée par des gens capables, choisis
par les nobles habitants, qui seront gagés ainsi que leurs greffiers
sans qu'ils puissent prétendre rien des parties pour leur vacations
et que le papier timbré sera en exécration à eux
et à leur postérité pour ce que tous les actes
qui ont été passés seront écrits en autre
papiers et seront par après brûlés pour en effacer
complètement la mémoire.
- Que la chasse sera défendue à qui que ce soit depuis
le premier jour de mars jusqu'à la mi-septembre. et que fuies
et colombiers seront rasés, et permis de tirer sur les pigeons
en campagne.
- Qu'ils sera loisible d'aller au moulin que l'on voudra et que les
meuniers seront contraints de rendre la farine au poids du blé.
- Que la ville de Quimper et autres adjacentes seront contraintes
par la force d'approuver et ratifier le présent règlement,
à peine d'être déclarées ennemis de la liberté
armorique, et les habitants punis où ils seront rencontrés;
défense de leur porter aucune denrée ni marchandises jusqu'à
ce qu'ils aient satisfait, sous peine de torreben.
- Que le présent règlement sera lu et publié aux
prônes de grandes messes et par tous les carrefours et aux paroisses
et affixé aux croix qui seront posées.
Signé: Torreben et les habitants»
Torreben : Tête cassée
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Histoire: La revolte du Papier Timbre
(1675)
Sous Louis XIV devait eclater une revolte populaire et paysanne connue
sous le nom de Revolte du Papier timbre ou des Bonnets rouges. Elle avait
ete provoquee par la pretention du roi de percevoir des droits sur le
tabac, sur la vaisselle d'etain et de vouloir instituer le papier timbre.
Des emeutes eclaterent a Rennes, Nantes et Guingamp; les campagnes se
souleverent. Les paysans de Cornouaille, en particulier, dresserent un
Code paysan ou etaient deja formulees les revendications de caractere
revolutionnaire qui seront reprises dans les cahiers de 1789.
Le chef des revoltes de la region de Carhaix, Sebastien Le Balp, pensait
marcher sur Morlaix, puis sur Quimper, lorsqu'il fut surpris et abattu.
La revolte matee, une repression feroce s'ensuivit. Elle a fait le deshonneur
du duc de Chaulnes, alors gouverneur de Bretagne. Dix mille hommes de
troupe occuperent la province et commirent des exces inouis. Mme de Sevigne
a parle dans ses lettres des "vilaines langues" des milliers
de paysans qui furent pendus aux branches, le long des routes. Le Parlement,
coupable de n'avoir pas contenu la revolte, fut exile a Vannes.
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